ARTIST STATEMENT / NOTE D'INTENTION


EN

When I was little girl, it was a slaughterhouse next door to my house. Animals carried in a cage were hanging in the backyard after being killed and chopped, which I took a peek at over the fence. It was the moment that I started asking ontological questions on the relationship between body and its master, being.

Platon named body “soma”, the vessel that contains soul, and he also noted that soul is immortal but the body disappears after death, in which soul leaves its vessel. However, the death of animals I witnessed was too explicit to be called “disappearance”. Rather, death was right there before my eyes and death meant that I would see the dead cow’s body parts hung over the backyard having seen alive yesterday. As I understood, death is the moment that soul and body emerged into one cluster are being separated due to the absence of a binding factor. This “binding factor”, which is similar to an adhesive, represents
individual’s spirit and identity in terms of soul; on the contrary, regarding body, it represents its physical perspective, namely, labor and reproduction based on respiration, ingestion, excretion, and growth. I believe that this connection between soul and body gets broken when either of the binding factors is lost, which means “ontological” death regardless of simply being alive.

After having speculated this concept of death, I learned that there is a study investigating the relationship between soul and body, which has a foundation on Spiritualism explored by Aristotle and Henri Bergson. At this point, I came to a realization that birth and death are not linear concepts that have definite beginning and end but are in circulation. Birth is the moment of an assembly while death is the state of soul and body disassembled. The most important thing to understand is that birth and death or life and death work organically in this massive circulation as a female mantis eats a male after sex and the offspring eat their mother as well. The circulation in which the disassembled fragments come together and separated is also a gigantic organism, in this sense, I named my works Poetic Organism intending to focus on “Organic”.

Boundary of life and death becomes unclear as we decide to understand “being alive” and “dying” in terms of convergence and dispersion. “Being alive” is nothing but a remaining state of cluster with “Binding factors” working actively. Body we all have start being oxidized from the moment of birth and will stop
working at some point. As I pointed earlier, this boundary of life and death is not clear. Birth is the beginning of death, therefore, birth is ritual death.

I investigate the incidents occurring in the cluster of soul and body in the process of birth and death. My work is about imagining and picturing the moments of convergence and dispersion such as pregnancy, birth, abortion, variation of body and severance, slaughter, surgical operation, and death. I often use the theme of ritualized birth and death such as the birth of saints, martyrs being executed, ascension and resurrection.

With the point being made, death is the paradoxical ritual of birth. Accordingly, it need not be described in a frightening or sad way, still, it needs to be colorful and pompous. Thus, the death I present shows bright colors and gold adornments as the uniforms of soldiers going to a warplace do. As my works are mostly depicting religious events, I was inspired by various holy pictures such as Vanity paintings in 17th century, “Assumption of Mary”, and “Annunciation”. I am specifically interested in reinterpreting the composition and color of Korean altar portrait of Buddha,and I also hope that my works can draw audience into questioning about being as a holy picture can.


FR

Quand j’étais petite, il y avait un abattoir à côté de ma maison. Des animaux en cages étaient suspendus, dans l’arrière-cour, attendant d’être tués et découpés en morceaux. J’y ai jeté un coup d’oeil au-dessus de la clôture. C’est à ce moment que j’ai commencé à me poser des questions ontologiques sur la relation entre le corps et son propriétaire, un être.

Platon a appelé corps « soma », les vaisseaux qui contiennent l’âme, et il a aussi remarqué que l’âme est immortelle mais le corps disparaît après la mort et l’âme quitte donc les vaisseaux. Cependant, la mort des animaux dont j’ai été témoin était trop explicite pour être appelée « disparition ». En effet, la mort était juste en face de moi et cela signifiait que je verrais les quartiers d’un boeuf mort suspendus dans l’arrière-cour alors que ce même boeuf était en vie la veille.
Tel que je l’ai compris, la mort est le moment où l’âme et le corps émergent d’un groupe pour être séparés en raison de l’absence d’un facteur obligatoire. Ce « facteur obligatoire », qui est similaire à de l’adhésif, représente l’esprit de l’individu et l’identité en terme d’âme; au contraire, en ce qui concerne le corps, il représente sa perspective physique, à savoir, le travail et la reproduction basés sur la respiration, l’ingestion, l’excrétion et la croissance. Je crois que cette connexion entre l’âme et le corps se brise quand l’un des facteurs obligatoires est perdu, ce qui signifie une mort ontologique en opposition avec le simple fait d’être vivant.

Après avoir spéculé sur ce concept de mort, j’ai appris que des études existaient, montrant des recherches sur la relation l’âme et le corps. Elles trouvaient leur essence dans le Spiritualisme exploré par Aristote et Henri Bergson. A ce moment-là, j’ai réalisé que la naissance et la mort n’étaient pas des concepts linéaires définis avec un début et une fin mais qu’ils étaient une sorte de circulation. La naissance est le moment de l’assemblage alors que la mort est l’état où corps et âme sont démontés. L’élément le plus important à comprendre est que la naissance / la vie et la mort travaillent organiquement dans une circulation dense. Cette circulation dans laquelle des fragments démontés s’assemblent et se séparent est également un organisme gigantesque. C’est ainsi que j’ai intitulé mes travaux « L’ Organisme Poétique » en mettant l’accent sur l’aspect organique.

Les limites de la vie et de la mort deviennent moins claires lorsque nous décidons de comprendre « être vivant » et « mourir » en tant que termes de convergence et de dispersion. « Etre vivant » n’est rien d’autre qu’un subside de groupe avec un facteur obligatoire travaillant activement. En ce qui concerne notre corps, nous avons tous été oxydés depuis notre naissance et cela s’arrêtera à un certain point. Comme je l’ai indiqué plus tôt, cette limite entre la vie et la mort n’est pas claire. La naissance est le début de la mort et par conséquent, la naissance est une mort rituelle.

Je recherche les incidents qui arrivent dans ce groupe formé par l’âme et le corps, dans le processus de la naissance et de la mort. Mon travail consiste à imaginer et à illustrer les moments de convergence et de dispersion tels la grossesse, la naissance, l’avortement, les changements du corps, la rupture, abattage, les opérations chirurgicales et la mort. J’utilise souvent le thème de la naissance et de la mort ritualisées par l’intermédiaire de la naissance des saints, des martyrs exécutés, l’ascension et la résurrection.

C’est ainsi que la mort est un rituel paradoxal de la naissance. Il n’est donc pas besoin de la décrire d’une manière triste ou effrayante mais plutôt d’utiliser une manière pompeuse et vive. La mort que je présente est « dorée » ou « colorée » comme l’uniforme des soldats qui se rendent à la guerre. J’ai été notamment inspirée par l’iconographie chrétienne. Je suis tout particulièrement intéressée dans la réinterprétation du corps humain par le biais de l’anatomie et de la médecine. J’espère aussi que mon travail invitera le public à s’interroger jusqu’à quel point une image peut être sainte.